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Rien que la vérité - Le Travail de Byron Katie


Qu’est-ce que la vérité au quotidien ? Comment la vivre ? Comment être plus vrai.e ?

Découvrez le Travail de Byron Katie, une démarche simple mais radicale de questionnement des pensées à l’origine de notre souffrance intérieure.


Rien que la vérité - Le Travail de Byron Katie


Vous connaissez tous ce serment où le témoin jure en levant la main droite de dire ”la vérité, toute la vérité, rien que la vérité".


Et vous ? Vous êtes-vous juré à vous-même de toujours vous dire la vérité et de vivre chaque jour dans la vérité, le plus proche possible de votre être ?


Je m'adresse dans cet épisode aux chercheurs de vérité, ceux qui aspirent à cette totale authenticité et intégrité personnelle.


Vous savez déjà que le mensonge coûte de l'énergie mentale : au moment de le formuler, pour chercher les meilleurs mots afin de gruger autrui ; puis constamment après, pour nous souvenir des détails de tous nos mensonges, pour leur maintenir désespérément une cohérence aux yeux de l'extérieur...


Bref, mentir ça prend la tête !


C'est pour cela en premier lieu que j’ai choisi la vérité. Elle est plus simple, plus douce, plus reposante. La vérité ne ronge pas, ne détruit pas, n'épuise pas, contrairement au mensonge. Le mensonge, lui, rend esclave du mental et protège l’ego. À l'inverse, ”la vérité vous rendra libre” disait Jésus...


Mais qu'est-ce que la vérité, vraiment ?


D'un point de vue très pratique, le plus proche possible de soi, que signifie-t-elle ?


Avec la notion de vérité, on a vite tendance à vouloir se placer au niveau d’un absolu - la Vérité avec un grand V. Je vous propose plutôt d'aborder dans cet épisode la vérité avec un petit v, la vérité à votre niveau, mais qui n'en est pas moins cruciale, car c'est dans les petites choses que se trouve le levain pour les grandes.


La vérité, c’est le réel, c’est ce qui est vrai !


Je ne la détiens pas, je dois la devenir.

Je ne peux pas l’acquérir ou la posséder, mais je peux l’être, je peux être vrai.e !

Mais pour être vrai.e, je dois arrêter de me mentir constamment à moi-même...


Or, s’il y a bien un domaine que nous n’allons jamais explorer dans nos vies, auquel nous ne prêtons jamais attention et encore moins désir de vérité, c’est celui... de nos pensées !


Nous n’interrogeons jamais nos pensées, nous ne les remettons jamais en question, pour éviter de nous remettre en question, de mettre en lumière nos conditionnements, nos défauts et nos faiblesses, pour refuser d’examiner nos croyances limitantes ou nos jugements sur les autres...


Pour - croyons-nous - nous protéger, nous laissons nos pensées tranquilles, à la fois persuadés que nous ne pouvons rien faire pour les changer, que nous n’avons pas de pouvoir sur elles, et parce que surtout nous n’en voyons pas l’intérêt... Or, c’est ignorer un point essentiel :


C’est uniquement à cause de nos pensées, lorsque nous les croyons, que nous souffrons intérieurement ! Si je souffre intérieurement, c’est parce que je me mens en pensées ! Uniquement !


À l'origine de toute souffrance intérieure, il y a au moins une pensée non investiguée, une pensée que je crois vraie sans l'avoir questionnée, une pensée à laquelle je suis totalement identifié. Je l'ai faite mienne, je l'ai faite moi ! Je n'ai alors plus aucun recul sur elle, elle me possède, elle me dirige. Elle obscurcit ma vision de moi-même, de l'autre et du monde, elle conditionne mes réactions, elle restreint ma liberté. Je n'en ai pas conscience, mais ma liberté de penser est alors sous influence, mon libre arbitre n'a plus voix au chapitre. Je suis prisonnier de mon mental !


Que faire alors ?


C’est là qu’intervient le Travail de Byron Katie, une démarche simple mais radicale de questionnement de nos pensées.


En 1986, à l’âge de 44 ans, au plus profond d'une spirale de dix ans de dépression et de dégoût d’elle-même, Byron Katie se réveille un matin dans un état de joie totale, qui ne l’a plus quittée depuis [à l’instar de ce qui est arrivé à Eckhart Tolle, auteur du best-seller Le pouvoir du moment présent, et qui dit que le Travail de Byron Katie est une bénédiction pour l’humanité, avis que je partage]. Elle réalise alors par elle-même que seules ses pensées au sujet de sa réalité engendrent sa souffrance : lorsqu'elle croit vraies ses pensées, elle souffre ; en ne les croyant plus, elle ne souffre plus. Et que cela est vrai pour tout être humain.


Pour aider chacun.e à en prendre conscience par soi-même et pour soi-même, elle développe alors un processus d'introspection simple mais puissant, qu'elle appelle ”Le Travail” (”The Work”), qu’elle n’a de cesse de faire découvrir à des millions de personnes depuis plus de trente ans.


Le Travail consiste, pour chaque pensée stressante, à l’interroger en 4 questions fondamentales, puis à en faire des retournements, qui sont une version moderne de la parabole de Jésus sur ”la paille et la poutre” ("Tu vois la paille dans l’œil de ton prochain, mais tu ne remarques pas la poutre dans le tien”).


Dans le cadre de cet épisode dédié à la vérité, je voudrais aborder les 2 premières questions de ce Travail. Celles que l’on peut avoir tendance à passer vite pour se concentrer davantage sur la suite. Elles paraissent si simples - il faut juste répondre ”oui” ou ”non” ! Mais ces deux questions fermées révolutionnent pourtant notre façon habituelle de considérer les choses, façon qui crée et nourrit notre stress, notre mal-être ou notre souffrance intérieure. Ces deux premières questions interrogent notre rapport à la vérité.


La première question du Travail est :


1. Est-ce que c’est vrai ?


Tout simplement.

Et pourtant, quelle force !


Comment se fait-il que l’on se pose si peu cette question en général, et surtout en ce qui concerne nos pensées ? Comme si l’on ne voulait pas vraiment savoir...


Ce qui est vrai pour nous nous intéresse-t-il donc si peu ?

Que cherchons-nous à nous cacher ainsi à nous-même ?

Que cherchons-nous, en nous, à protéger de la vérité ?


Nous préférons en général continuer à souffrir dans nos conditionnements, plutôt que de devoir fournir un effort afin de les remettre en question. Mais ce n’est pas ainsi qu’ils nous lâcheront, et ce n’est donc pas ainsi que nous cesserons d’en souffrir...


Alors...


"Est-ce que c’est vrai ?"


Posez-vous cette question à chaque fois que vous prenez conscience d’une pensée de jugement sur vous-même, sur quelqu’un d’autre, ou même sur une circonstance ou un événement de la vie.


Voici ce qu’en dit Byron Katie :


« Lorsque vous posez la première question, prenez votre temps. La réponse est soit oui, soit non. Avec le Travail, il s'agit de découvrir ce qui est vrai depuis la partie la plus profonde de votre être. Cela ne correspondra peut-être en rien à ce que vous aviez considéré auparavant. Mais lorsque vous ferez l'expérience de votre propre réponse, vous le saurez.


Il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses à ces questions. Vous écoutez vos réponses maintenant, pas celles des autres, ni ce qu'on vous a appris. Cela peut être très déstabilisant au début, car vous entrez dans l’inconnu. Tandis que vous continuez à plonger plus profondément, laissez la vérité en vous remonter et rencontrer la question. Soyez doux avec vous-même lorsque vous vous abandonnez au questionnement. Laissez-vous complètement prendre par cette expérience. »


Au premier abord, le Travail semble être une démarche intellectuelle, mais c’est beaucoup plus que cela. C’est vraiment une expérience à vivre, pas une méthode ou un exercice. Si vous en restez à l’aspect intellectuel de surface, en ne laissant que votre mental répondre, vous passez à côté de sa force et de sa pertinence en profondeur, pour vous libérer des pensées qui vous oppressent et retrouver la paix intérieure.


Je me souviens d’un entretien de Byron Katie avec une femme qui souffrait de ne pas aimer sa fille. À sa pensée "je devrais aimer ma fille”, Byron Katie lui demande : ”Est-ce que c’est vrai ?” puis ajoute ”Pourquoi devriez-vous aimer votre fille ?" Et là, avec cette question totalement scandaleuse a priori, on sent un profond soulagement envahir cette femme, puis sa culpabilité s’effondrer en tant que mère soi-disant non idéale. Personne n’avait osé lui dire cela auparavant, car personne n’avait osé contester, même en pensées, cette injonction sociétale d’aimer ses enfants. Dans cet échange, on sent que, pour la première fois de sa vie de mère, cette femme se sent totalement accueillie dans son sentiment dérangeant et que cela la libère. "Eh bien oui, je n’aime pas ma fille, c’est ainsi !”


Mais l’entretien ne s’arrête pas là, Byron Katie poursuit son Travail de questionnement... Et quelque chose de magique se produit dans la suite de l’échange. Après s’être libérée de l’oppression que lui créait la pensée de devoir aimer sa fille alors qu’elle ne l’aimait pas, on sent cette femme s’ouvrir intérieurement et commencer à ressentir vraiment de l’amour pour sa fille, alors que, encore quelques minutes auparavant, elle ne s’en sentait pas capable et en avait profondément honte !


Comme le disait le psychologue Carl Rogers :


« Sans doute tout ceci peut sembler une étrange voie à suivre. Elle me paraît cependant valable à cause de ce curieux paradoxe qui fait que c'est au moment où je m'accepte tel que je suis que je deviens capable de changer. Je crois que c'est là une leçon que j'ai apprise autant au contact de mes clients qu'à travers mon expérience personnelle : à savoir que nous ne saurions changer ni nous écarter de ce que nous sommes, tant que nous n'acceptons pas profondément ce que nous sommes. C'est alors que le changement se produit, presque à notre insu. »


Et c’est cela, le miracle que produit le Travail : nous ouvrir à la vérité de notre être en profondeur, après avoir déblayé les enchevêtrements de nos fausses croyances en surface, qui nous obstruaient l’accès à une conscience plus juste de nous-même et de la réalité.


Passons à la deuxième question du Travail de Byron Katie.


Après "Est-ce que c’est vrai ?", la deuxième question est :


2. Pouvez-vous absolument savoir que c’est vrai ?


Parce que, parfois, on peut répondre ”Oui” à la première question.

L’affirmation nous semble vraie...


Et c’est normal, parce que nous continuons à confondre croire et savoir.

Or croire n'est pas savoir ! Ce sont deux choses très différentes !


Comparez en vous le ressenti entre ”Je le crois” et ”Je le sais”...

Sentez-vous la différence ?


Savoir signifie pouvoir donner des renseignements précis sur tout, du début jusqu'à la fin, avec tous les détails, sans lacune et en se fondant sur sa propre expérience. Avoir entendu dire, ou avoir vu en partie, ce n’est pas savoir.


Le véritable savoir résulte toujours d'une expérience vécue personnelle, autrement dit d'une conviction.


"Je le sais" est ainsi bien plus profond, bien plus fort que "Je le crois".


"Pouvez-vous absolument savoir que c’est vrai ?"


Cette deuxième question du Travail nous révèle que si nous ne nous basions dans nos vies que sur ce que nous savons, c'est-à-dire sur ce que nous sommes absolument sûrs de savoir, nos vies seraient bien plus conscientes en vérité, et donc en légèreté. Non seulement nos vies, mais aussi celles des autres, puisque nous colporterions moins, dans nos paroles ou dans nos écrits, de pseudo-savoirs, ces "savoirs" de seconde main pleins de lacunes et de déformations.


Voici ce qu’en dit Byron Katie :


« Après que je me sois éveillée à la réalité en 1986, je remarquais souvent combien les gens, dans les conversations, les médias et les livres, affirmaient des choses comme "Il n'y a pas assez de compréhension dans le monde", "Il y a trop de violence", "Nous devrions davantage nous aimer les uns les autres". C'étaient des histoires auxquelles je croyais moi aussi autrefois. Elles semblaient tout à fait sensées, bienveillantes et généreuses, mais quand je les entendais, je remarquais que le fait d'y croire générait du stress, elles ne résonnaient pas paisiblement à l’intérieur de moi.


Par exemple, si j'entendais l'histoire "Les gens devraient être plus aimants", la question surgissait en moi : "Puis-je absolument savoir que c'est vrai ? Puis-je vraiment savoir pour moi-même, à l’intérieur de moi, que les gens devraient être plus aimants ? Même si le monde entier me le dit, est-ce vraiment vrai ?" Et là, à mon grand étonnement, lorsque j'écoutais en moi, je voyais que le monde est ce qu'il est en cet instant, et qu'en cet instant, les gens ne pouvaient pas être plus aimants qu'ils ne l’étaient. En ce qui concerne la réalité, il n'y a pas de "ce qui devrait être". Il y a seulement ce qui est, tel que c'est, à ce moment précis.


La vérité précède toute histoire. Et toute histoire, avant d'être examinée, nous empêche de voir ce qui est vrai.


La vérité, c'est tout ce qui est devant vous, tout ce qui arrive vraiment. Que cela vous plaise ou non, il pleut maintenant. ”Il ne devrait pas pleuvoir”, ce n'est qu'une pensée. Dans la réalité, il n'y a pas de ”devrait” ou ”ne devrait pas”. Ce ne sont que des pensées que nous plaquons sur la réalité. Sans les ”devrait” ou ”ne devrait pas”, nous pouvons voir la réalité telle qu'elle est, et cela nous laisse libre pour agir efficacement, clairement et sainement. »


Bien sûr que nous pouvons aspirer à ce que le monde soit plus doux... un jour dans le futur, mais en attendant, me morfondre, me renfermer et me déprimer parce qu’il ne l’est pas aujourd’hui, n’apporte absolument rien au monde pour qu’il puisse le devenir un jour. Au contraire, il continue ainsi à être dur, et même devient encore plus dur, puisque moi-même je ne lui apporte pas cette douceur que je souhaite pour lui, ni par ma façon d’être, en me renfermant, ni par ma façon de penser, en refusant qu’il soit tel qu’il est !


Ainsi, ne plus croire la pensée que ”le monde devrait être plus doux" alors qu’il ne l’est pas, ne signifie pas ne plus souhaiter ou espérer qu’il le devienne un jour, mais c’est saisir que l’on ne peut jamais avoir une action spirituelle positive sur quoi que ce soit, avant d’accepter pleinement que, à l’instant donné, les choses sont telles qu’elles sont, et pas autrement.


On ne se soigne que lorsqu’on a accepté qu’on était malade.


Alors seulement une action juste peut avoir lieu naturellement à travers nous ; mais ce n’est plus une réaction conditionnée du mental, émanant de la crispation inconsciente de ce dernier sur la réalité.


Et c’est cela l’apport le plus extraordinaire du Travail : nous permettre de conscientiser, grâce à l’investigation, ce sur quoi l’on est crispé en pensées. Car la crispation ou la résistance intérieure, ainsi que la négativité qu’elle génère, ne peuvent jamais être une manifestation de la vérité de notre être, uniquement de notre système de défense, l’ego.


Le Travail complet, c’est 4 questions et des retournements :


  • Par les 2 premières questions que nous venons de voir, le Travail détruit la fausse conception inconsciente ”je peux croire ce que je pense”. Non : nos pensées ne sont pas la vérité. Cela dit, elles ne sont pas un problème en elles-mêmes ; le problème, c’est juste de les croire. D’y être totalement identifié.e, faute de les avoir examinées, de les avoir questionnées.


  • Par les 2 questions suivantes (la troisième et la quatrième), que j’aborderai une autre fois, le Travail nous prouve, en nous le faisant éprouver, le lien entre nos pensées et notre souffrance intérieure. Je souffre uniquement parce que je crois certaines pensées, que je n’ai pas examinées à la lumière de ma conscience.


  • Enfin, par les retournements, le Travail éclaire nos projections inconscientes sur l’autre de nos propres défauts, à l’origine de toute notre réactivité émotionnelle. En conscientisant ce processus, nous retrouvons la paix dans toutes nos relations avec autrui.


Le Travail de Byron Katie déconstruit ainsi toute votre construction mentale égotique, pas vous-même. Vous, ce que vous êtes vraiment, le Travail le révèle et ainsi vous libère !


Je l’ai vécu personnellement :


Avant ma lecture du livre de Byron Katie ”Aimer ce qui est”, j’étais tout le temps esclave de mes pensées ruminantes. Malgré la pratique de la méditation, mon mental restait trop fort, trop bruyant...


Lors de ma lecture, au milieu du livre, un basculement intérieur se produisit. Au-delà de la forme intellectuelle du Travail, j’en captai l’essence. Je saisis que fondamentalement aucune de mes pensées n’était crédible (qu’elle soit positive ou négative), elles sont toutes sujettes à caution... alors pourquoi continuer à leur prêter attention, pourquoi continuer à me prendre la tête avec elles ? Alors mes pensées ruminantes m’ont comme lâché... spontanément, d’elles-mêmes ; elle n’avaient plus de prise.


Depuis lors, mes pensées ne me taraudent plus ; j’en ai toujours, mais elles demeurent en arrière-plan, juste un bruit de fond. Elles me causent toujours, mais je les écoute beaucoup moins, elles ne m’intéressent plus.


C’est là pour moi la merveille du Travail : se rendre compte que nos pensées ne sont pas aussi importantes et essentielles qu’on le croyait - qu’elles n’ont rien à voir avec notre vraie nature - et que l’on peut tout à fait, si ce n’est vivre sans penser, au moins vivre sans être attaché à elles.


Ma citation préférée de Byron Katie :


« Quand vous commencez à vivre dans la réalité, et non dans vos pensées concernant la réalité, la vie devient dénuée de toute peur, emplie d'amour et de gratitude, quoi que puisse apporter le futur. »


En changeant mon rapport à mes pensées, le Travail de Byron Katie a changé ma vie.

Il peut changer la vôtre !


***


Pour en savoir plus,

à lire absolument de Byron Katie :


AIMER CE QUI EST

Quatre questions qui peuvent tout changer dans votre vie

(Synchronique Editions)




Cet article est la transcription de mon troisième podcast :



Cette pastille de conscience et d'éveil à vous-même vous a-t-elle éclairé.e ?

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